Qu’est-ce que le tantra et le massage tantrique ? Idées reçues, ateliers et stages

En février 2026, j’ai été invitée par le magazine Lokko Montpellier dans son podcast Erotico pour parler des idées reçues sur le tantra et le massage tantrique, mais aussi des ateliers et des stages

Au fil de cet échange avec Claire, j’ai abordé :

  • Mon parcours, de l’informatique à la sexothérapie tantrique
  • Ce qu’est vraiment le tantra (et ce qu’il n’est pas !)
  • Les idées reçues : sexe, nudité, couples, ésotérisme…
  • Comment se déroule un massage tantrique avec moi
  • Ce que vivent les participants dans mes ateliers et stages

 

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idées reçues sur le tantra - Nathalie Cardinal et Claire podcast Lokko Montpellier

Voici la retranscription de cet échange avec Claire, pour ceux qui préfèrent lire.

Mon parcours : de l’informatique au massage tantrique

À la base, j’étais informaticienne pendant 7 à 8 ans, puis comptable. En 2010, suite à un licenciement économique, j’ai décidé de prendre soin de moi et je suis partie faire un stage de développement personnel. C’est là, par le plus grand des hasards, que quelqu’un m’a proposé de découvrir le massage tantrique. Je ne connaissais pas du tout.

J’adorais être massée, alors j’ai dit oui. Et ça a été une grande révélation. Au cours de ce massage, j’ai pris conscience que j’avais un corps. Jusqu’alors, j’utilisais bien ma tête, mais le corps n’était qu’un moyen de me déplacer. Là, j’ai senti mon corps en 3D. Je me suis dit : tout le monde devrait recevoir ce massage.

J’ai ensuite enchaîné les stages de tantra, et très rapidement, c’est le massage tantrique qui m’a le plus attirée. En 2013, on m’a proposé d’être assistante dans un stage de tantra, puis de co-animer. C’est là que j’ai vraiment su que c’était le chemin que je voulais suivre. En 2014, j’ai ouvert mon cabinet de massage tantrique à Montpellier.

En 2016, j’ai tout arrêté pour me consacrer entièrement au massage tantrique. C’est aussi à ce moment-là que je me suis formée à la sexothérapie, car après les massages, les clients se connectaient à leur corps et se posaient des questions sur leur sexualité. En 2017, j’ai créé le protocole Matacar® et je me suis spécialisée dans l’accompagnement des hommes souffrant d’éjaculation précoce.

Les idées reçues sur le tantra

Le tantra fait l’objet de nombreuses idées reçues. Passons-les en revue une par une pour mieux comprendre ce qu’est vraiment cette pratique.

Idée reçue n°1 : « Le tantra, c’est du sexe » et « le tantra se fait nu »

Ce sont les deux premières idées reçues sur le tantra les plus fréquentes. Dans le tantra, on parle d’énergie sexuelle, et comme en France on ne sait pas trop ce qu’est l’énergie, on associe tantra et sexe. Mais en réalité, le tantra, c’est apprendre à être présent dans son corps, à son souffle, à ses émotions. Une des définitions du tantra, c’est expansion de la conscience.

Quant à la nudité, elle n’est pas obligatoire. Dans les stages, on peut être invité à se dévêtir, mais chacun va à son rythme. Il n’y a aucune obligation.

Idée reçue n°2 : « Le tantra est réservé aux couples »

Voilà une autre idée reçue sur le tantra très répandue. La majorité des personnes qui viennent dans mes stages sont seules. Le tantra, c’est d’abord être en lien avec soi-même. Pas besoin d’être en couple. Dans les exercices, on change régulièrement de partenaire, toujours par choix en conscience. Le mot tantra signifie aussi tisser du lien — pas forcément avec son partenaire de vie.

Idée reçue n°3 : « Le tantra est une pratique ésotérique, voire sectaire »

C’est sans doute l’idée reçue sur le tantra la plus persistante. Le tantra est une voie spirituelle qui vient de l’Inde, pratiquée dans un cadre sérieux. Il n’y a aucune croyance imposée, aucune obligation de penser d’une certaine façon. Tout repose sur le consentement. À tout moment, une personne peut dire non et s’asseoir dans un coin sans aucun jugement.

Mais alors, c’est quoi le tantra ?

Au-delà des idées reçues sur le tantra, voici ce que cette pratique est vraiment. Le tantra c’est quoi concrètement ? Je le compare souvent aux arts martiaux : il y a plusieurs disciplines à l’intérieur. Dans le tantra, on trouve principalement :

  • Des méditations guidées ou actives
  • Des danses libres et intuitives
  • Des exercices corporels : regard, toucher en conscience, exploration du féminin et du masculin (yin/yang)
  • Du massage tantrique

C’est cette dernière pratique qui m’a le plus appelée, et c’est autour d’elle que s’est construit mon travail.

Comment se déroule un massage tantrique ?

Le massage tantrique se distingue des massages classiques (californien, suédois) de plusieurs façons.

Un massage intuitif et lent

Il n’y a pas de protocole figé. On peut commencer où l’on veut, en fonction du ressenti et du besoin de la personne. La grande particularité, c’est la douceur et la lenteur. Je dis souvent que je masse chaque cellule du corps. Cette lenteur permet d’accéder à une détente profonde : le mental se pose, se dit c’est calme, je peux me poser.

Un massage global

Dans les instituts, on vous recouvre de serviettes et on masse partie par partie. Dans le massage tantrique, il n’y a pas de serviette. On peut être nu ou garder ses sous-vêtements. Le corps est massé des pieds à la tête en continuité, ce qui donne une sensation de corps unifié. C’est ce que me disent souvent mes clients : « Je sens mon corps qui fait un tout. »

Un accueil et un temps d’intégration

Quand la personne arrive, on s’assoit et on prend 15 à 20 minutes pour échanger. Je lui explique ce qu’est le massage tantrique, je m’informe de ses besoins. Avant de commencer, je propose un temps de relaxation et de connexion par le regard. Après le massage, je reste présente le temps que la personne revienne à elle. On prend ensuite le temps de parler.

Un massage d’une heure représente en réalité une séance de 2 heures. Aujourd’hui, je propose des séances de 2h30 qui intègrent une heure de sexothérapie suivie du massage tantrique.

Qui vient dans mes ateliers et stages, et pourquoi ?

Les profils sont très variés : hommes, femmes, couples, célibataires, personnes de tout âge — même si mes stages accueillent surtout des personnes entre 40 et 65 ans. Loin des idées reçues sur le tantra, il est accessible à tout le monde, quels que soient le métier ou le parcours.

Ce qu’ils viennent chercher ? Quelque chose de vrai. Un temps pour eux. Se connecter à leur corps. De la lenteur, de la douceur, du respect, de la bienveillance. Une pause hors du quotidien. Même lors d’ateliers de 2 heures, les participants me disent souvent : « J’ai l’impression que ça fait des heures que je suis là. »

Il y a des novices qui viennent par curiosité, et des personnes qui ont déjà fait beaucoup de stages et qui viennent continuer à se nourrir de cette énergie.

La question de la sécurité et du cadre

Avant chaque atelier ou stage, toute nouvelle personne passe par un appel téléphonique. Cela me permet de comprendre ses intentions et de vérifier que ce que je propose correspond à ce qu’elle cherche. C’est un filtre naturel et bienveillant qui permet d’écarter d’emblée les idées reçues sur le tantra que certains pourraient avoir.

Au début de chaque atelier ou stage, le cadre est posé clairement : respect de soi, respect de l’autre, respect du groupe, et absence de passage à l’acte sexuel. Ce cadre rassure souvent les participants : ils savent qu’ils peuvent être pleinement eux-mêmes, sans pression.

Atelier ou stage : quelle différence ?

L’atelier

Un atelier dure de 2h à une journée. C’est une première découverte, idéale pour s’initier en douceur.

Le stage

Un stage dure de 2 à 7 jours. On va plus loin dans la découverte, avec un ou deux temps de massage par jour, un apport théorique, des démonstrations et de la pratique guidée. La phrase que je répète le plus souvent : « Respire et ralentis. »

La plupart des participants viennent pour une expérience personnelle. C’est souvent après le stage qu’ils réalisent qu’ils souhaitent approfondir, voire se former professionnellement. Il existe aujourd’hui des formations certifiantes pour devenir praticien ou praticienne en massage tantrique.

Mon conseil si vous hésitez encore

Si vous avez encore des idées reçues sur le tantra qui vous freinent, voici mon premier conseil : contactez l’animateur ou l’animatrice et posez toutes vos questions. Exprimez vos peurs, vos besoins. Et observez ce qui se passe dans votre corps quand cette personne vous répond.

Si votre corps respire — c’est bon signe. Si ça se tend — peut-être que ce n’est pas la bonne personne pour vous, à ce moment-là.

Au-delà de toutes les idées reçues sur le tantra, ça se vit, ça s’expérimente. Comme le vélo : tant qu’on n’est pas monté dessus, on ne sait pas vraiment ce que c’est.